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Susanne Zepp, Introduction in:

Susanne Zepp (Ed.)

Le Regard du Siècle, page 205 - 208

Claude Lanzmann zum 90. Geburtstag

1. Edition 2017, ISBN print: 978-3-8288-3714-0, ISBN online: 978-3-8288-6847-2, https://doi.org/10.5771/9783828868472-205

Series: kommunikation & kultur, vol. 10

Tectum, Baden-Baden
Bibliographic information
205 Anhang Susanne Zepp Introduction Ce volume bilingue rassemble les interventions d’une conférence pluridisciplinaire ayant eu lieu les 27 et 28 novembre 2015 à la Freie Universität de Berlin, à l’occasion du 90ème anniversaire de Claude Lanzmann et consacrée à l’ensemble de son œuvre. En 1949, notre invité d’honneur enseigna deux semestres à la Freie Universität alors tout récemment fondée à Dahlem. Soixante-six ans plus tard, il passa le jour de son anniversaire sur son ancien lieu de travail à l’occasion de ce colloque. Claude Lanzmann a participé aux débats, mais il également partagé lors d’une soirée des souvenirs de sa vie et de son œuvre. L’allocution tenue en honneur de son 90e anniversaire par l’ambassadeur de France en République fédérale d’Allemagne, S.E. Philippe Étienne, est reproduite dans ce volume. D’autres discours de bienvenue furent prononcés par le président de la Freie Universität Berlin, Pr Dr Peter-André Alt, et par Pr Dr Jürgen Brokoff, doyen de recherches du département de philosophie et des sciences humaines. Ce colloque de deux jours fut consacré à l’œuvre de Lanzmann sous toutes ses facettes – de ses textes publiés dans Les Temps Modernes dans les années 1950 et 1960, son premier film Pourquoi Israël (1973), son grand œuvre Shoah (1985) à son film le plus récent, Le Dernier des injustes (2013). Au regard de son engagement politique, de ses contributions aussi bien à la perception historiographique de l’holocauste qu’à la forme du film documentaire d’art, le rôle de Claude Lanzmann en tant que chroniqueur du 20ème siècle apparaît avec la force de l’évidence. Un colloque pluridisciplinaire portant sur une personnalité si éminente de l’histoire contemporaine ne pouvait toutefois se fonder sur le seul principe d’éclairer son objet sous différentes perspectives par des problématiques issues de divers champs universitaires. Le colloque ainsi que les contributions ici réunies visent donc en outre à aborder la vie, l’œuvre et le contexte historique de Lanzmann à l’aune de notions développées et établies par différentes disciplines afin de mieux comprendre la portée et la signification de cette production. De ce fait, un dialogue se noue entre au moins cinq champs scientifiques : les études cinématographiques, l’histoire, les sciences humaines, la philosophie de la culture, la communication culturelle et médiatique ainsi que les études littéraires. 206 Susanne Zepp Les deux premières contributions s’attachent au contexte historique et épistémologique de l’œuvre. Dans un article fondateur, Jan Gerber (Simon-Dubnow-Institut für jüdische Geschichte und Kultur an der Universität Leipzig) prend pour objet de réflexion l’histoire de la mémoire de l’holocauste en France. Anne Kwaschik (Freie Universität Berlin) examine l’expérience de la Résistance de Claude Lanzmann telle qu’elle est présentée dans son livre Le Lièvre de Patagonie et distingue ainsi les couches complexes de l’histoire française présentes dans ce texte. Claus Leggewie (Kulturwissenschaftliches Institut Essen) replace l’œuvre de Lanzmann dans l’histoire culturelle française et les sciences humaines de la deuxième moitié du 20e siècle en analysant à l’aide du « Manifeste des 121 », le rôle qu’ont joué Lanzmann et d’autres intellectuels français dans le discours public et les controverses sur la guerre d’Algérie. Roman Léandre Schmidt (Kulturwissenschaftliches Institut Essen) examine l’engagement de Claude Lanzmann à l’aune de l’histoire du journal Les Temps Modernes. Dans son article, Omar Kamil (Stiftung Wissenschaft und Politik Berlin) s’intéresse au voyage égyptien effectué durant le mois de février 1919 par Claude Lanzmann en compagnie de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, avant de se rendre ensemble en Israël. Osamu Wakatsuki, réalisateur japonais, auteur d’un documentaire sur Claude Lanzmann et Noriaki Tsuchimoto, était également présent lors du colloque de novembre 2015. Son livre La Tombe du divin plongeur contient la lettre que Lanzmann a écrite à Noriaki, quand ce dernier l’invita à Tokyo pour un festival de films dédié à l’œuvre des deux cinéastes. Lanzmann écrit à propos de son collègue japonais : « Nous nous sommes, sans nous connaître, centralement reconnus par et dans nos œuvres, reconnus comme des frères : nous parlons tous le deux le même langage, celui du cinéma, de la vérité et de la justice ». Le discours d’Osamu Wakatsuki est reproduit dans ce volume. Quatre contributions sont consacrées à des œuvres spécifiques du travail cinématographique de Lanzmann : Susanne Zepp (Freie Universität Berlin) considère le premier film Pourquoi Israël de l’année 1973 dans le contexte de l’histoire de la mémoire anti-coloniale, Christoph Hesse (Freie Universität Berlin) traite de la relation entre l’événement et le récit cinématographique dans Shoah (1985), Tobias Ebbrecht-Hartmann (The Hebrew University of Jerusalem) situe le film Tsahal paru en 1994 dans l’évolution de l’œuvre de Lanzmann, parmi les questions touchant à la connaissance déjà soulevées en 1985 par Shoah puis par Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures en 2001. Le livre se clôt sur un essai de Gertrud Koch (Freie Universität Berlin) sur Le dernier des injustes (2012). Le programme des cours que Claude Lanzmann a assurés à la Freie Universität, montre de quelle manière il a contribué à marquer cette jeune université par ses séminaires. En 1949, Lanzmann a donné un cours magistral de deux semestres sur le roman français des 19e et 20e siècles, débattant avec ses étudiants de Stendhal, Balzac, Flaubert, mais aussi de Proust, Gide, Martin du Gard, Malraux et Sartre. À cela s’ajoute un cours sur la poésie, de Baudelaire au surréalisme, un séminaire sur le théâtre classique et un colloque sur la littérature française du 18e siècle. Le fait que les cours de Lanzmann furent très appréciés – et pas seulement de ses étudiants – est attesté par les archives de la Freie Universität de Berlin par une lettre du doyen Friedrich Goethert, datée du 2 mars 1949, et adressée à Maurice Jordy, attaché culturel et représentant du gouvernement militaire français à Berlin. Le 207 Introduction doyen y fait part de toute sa gratitude pour lui avoir recommandé Claude Lanzmann comme professeur : « Je me réjouis de pouvoir vous informer combien nous apprécions le travail de Claude Lanzmann dans notre institution. Par intérêt pour sa discipline et sa personne, j’ai moi-même déjà assisté à deux de ses cours magistraux. La manière dont il les tient – en lien étroit avec son auditoire – et répond aux questions m’a particulièrement enchanté. Avec M. Lanzmann, nous n’avons pas seulement gagné un professeur de langue mais aussi un ambassadeur de l’esprit français. Je sais que les étudiants partagent mon sentiment et je voudrais vous remercier au nom de l’université pour cet excellent choix1. » À la demande des étudiants, Claude Lanzmann a proposé, outre ses cours officiels, un séminaire sur l’antisémitisme – une décision qui ne fut assurément pas facile à prendre et qui se heurta à certaines résistances2. C’est à Berlin que Lanzmann a découvert le format journalistique, liant ainsi son propre vécu avec une réflexion philosophique et à l’exigence politique. Après une série d’articles sur l’Allemagne divisée qui parut dans un quotidien français, il commença à travailler pour Les Temps Modernes – revue éditée à l’époque par Sartre et Simone de Beauvoir et dont Lanzmann reste aujourd’hui encore le directeur de publication. D’une certaine manière, la genèse de son premier film Pourquoi Israël de l’année 1973 est également liée à la période berlinoise de Lanzmann, qui le considérait comme une réponse aux Réflexions sur la question juive de Sartre, un texte dont il débattait avec des étudiants en 1949. Plus d’une génération a passé depuis l’holocauste. Dès l’époque de son séjour à Berlin, c’est-à-dire juste après le Zivilisationsbruch (Dan Diner), puis plus tard comme éditeur des Temps Modernes et évidemment avec toute sa remarquable œuvre cinématographique, Claude Lanzmann a contribué à faire percevoir la crise de la compréhension historique liée à cet événement. à ses yeux, notre siècle se devait de chercher une perspective historiographique appropriée à la violence de cette catastrophe. Il a réussi à dégager des personnes et des histoires humaines de la jungle statistique sans jamais perdre de vue l’inimaginable dimension quantitative. Dans son œuvre cinématographique, il considère l’expérience indi- 1 Ce document se trouve dans l’archive de la Freie Universität Berlin, fonds Claude Lanzmann. 2 Dans son autobiographie Lanzmann décrit le séminaire comme dialogue se déroulant sur un pied d’égalité. Les étudiants posaient des questions et il racontait ce que lui et sa famille avaient vécu pendant la guerre et dans la Résistance ainsi que ce qu’il savait de l’holocauste à l’époque. Lanzmann fut très déçu de ne pas avoir été soutenu pour son séminaire ni par son employeur, l’alliance culturelle française, ni par la Freie Universität. Le séminaire fut finalement interdit par le commandant du secteur français. Irrité, Claude Lanzmann décida de se défendre à travers les journaux. Le fait que des questions politiques ne dussent pas jouer de rôle dans ses cours et la tendance à occulter toute question encombrante l’ulcérait. Dans son texte « Les maladies infantiles de la Freie Universität », publié le 13 janvier 1950 dans le journal Berliner Zeitung du secteur soviétique, Lanzmann dénonce la formation insuffisante de certains enseignants de la Freie Universität et le silence autour de l’activité de quelques collègues avant 1945. Lanzmann en fait également mention dans son autobiographie. 208 Susanne Zepp viduelle de l’événement, tout en se refusant à le contraindre dans un étau narratif. Le présent volume est consacré à ce rapport entre l’expérience, la perspective et la connaissance. Le colloque, dont est issue cette publication, fut organisé dans le cadre du Dahlem Humanities Center (DHC). Je voudrais remercier chaleureusement le comité directeur du DHC, son porte-parole de l’époque Pr Dr Joachim Küpper, sa directrice Katja Heinrich ainsi que Janina Bröder. Sans le soutien du Center for International Cooperation de la Freie Universität Berlin et la coopération avec le Zentrum Jüdische Studien Berlin-Brandenburg, la conférence n’aurait pu avoir lieu. Je voudrais souligner la coopération empreinte de confiance avec l’ambassade de France, en premier lieu avec S.E. l’ambassadeur Philippe Étienne, mais également avec l’attaché universitaire d’alors Dr Boris Grésillon. J’adresse mes remerciements particuliers à Pr Dr Hermann Haarmann, l’éditeur de la collection kommunikation & kultur. Je lui suis très reconnaissante d’avoir accueilli cette publication dans la collection mais aussi d’avoir soutenu avec patience et générosité l’ensemble du projet, nous suggérant lui-même de concevoir un ouvrage bilingue. Je remercie Béatrice de March, Lucrezia Delphine Guiot et Vincent Platini pour leurs traductions aussi fines que précises. Je remercie Fujiko Sekikawa pour sa traduction du récit d’Osamu Wakatsuki du japonais en allemand. Je remercie Dagmar Walach pour faire le nom d‘index et enfin, mais non moins chaleureusement, je remercie mon assistante et étudiante, Gina Macher, pour sa participation à la rédaction de ce livre.

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References

Zusammenfassung

27. November 1925: Claude Lanzmann wird in Paris geboren. Zu seinem 90. Geburtstag fand eine interdisziplinäre Konferenz an der Freien Universität Berlin statt. Der zweisprachige Band (dt./frz.) versammelt die Vorträge, in de­nen Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler das umfangreiche Lebenswerk Lanzmanns aus unterschiedlicher Perspektive und im Beisein dieses maßgeb­lichen französischen Intellektuellen und Filmemachers würdigten.